Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

à la sortie d'Amiens ouest

à la sortie d'Amiens ouest

Ce soir, j’ai rêvé tout haut
et tout seul
J’ai rêvé d’un monde qui n’existe plus
Et probablement n’a-t-il jamais existé
autre part que dans mes rêves de gamin
Pourtant enfant de chœur, jamais !
Mais mon cœur est toujours demeuré puéril
De l’innocence du rêve
Au supplice du cauchemar
J’ai emprunté les ruelles de l’absurde
Pour finir dans un(e) impasse
On se réveille déjà un instant trop tard
Quand le soleil à l’horizon scelle le jour
Alors arrive la nuit avec des aventures…
à deux sous et c’est encore trop cher
On paye toujours comptant, mais insatisfait
et vers la fin, il demeure quelques piécettes
D’un parfum subtilement dédaigneux
d’une misérable quête de soi-même
Comme si cela avait un sens
Alors qu’il n’y en pas d’autre…
que celui qu’on imagine
Le choix cornélien entre le doute et la certitude
La seconde est factice et le premier inutile
Nos pas sont l’empreinte d’une nostalgie
Tout juste un songe d’une nuit d’ivresse
alors que nous dégustions l’aube
d’une tendresse jamais aboutie
La tête pleine d’illusions de ce rien
qui nous est tant
parce qu’il nous permet de renaître
à nos chimériques larmes d’encens
Comme si vivre avait plus d’intérêt
que de s’oublier et on s’égare
dans un train qui ne part jamais
parce qu’on a oublié de le prendre
On est là sur le quai de nos derniers espoirs
Et le rail infini d’une malédiction engendrée
Nous ne sommes que ce que nous avons fait…
de nous-mêmes,
Ni plus et surtout pas moins
Buvons le calice jusqu’à lie de l’égo forcené
La meute onirique de nos mensonges
nous réveille du marasme existentiel
Et, nous voici heureux de n’être pas encore…
et déjà trop !

JrB, Bertaucourt-Épourdon, 20 mars 2017

Avec le temps, va, tout s’en va...

Léo Ferré

Partager cet article

Repost 0