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S’il suffisait de fermer les yeux

S’il suffisait de fermer les yeux

Surtout, ne regarde rien !
et, alors, tu verras beaucoup
Beaucoup de choses vues ne sont plus à voir
Et ce qui est à voir se dissimule
Tu verras ce presque rien
aussi inutile qu’il peut l’être
L’utile c’est exactement le contraire
ce dont tu peux faire l’impasse
Le rien est toujours le début d’une fin (en-soi)
Rien ne commence jamais
Et pourtant tout finit
On est déjà là et autre part
n’importe où pourvu que ce ne soit pas là-bas
Nous sommes aveugles
apeurés par nos illusions
qui ne sont qu’une allusion à ce vide mystique
L’éden, l’eldorado de notre conscience
N’est qu’une inconscience sournoise
Qui donc croit ce qu’il pense ?
Même le regard de l’aigle n’y voit goutte…
L’homme n’est qu’une ombre de lui-même
Même pas un rêve,
mais plutôt un cauchemar d’autrui
Il est déjà bien trop tard
pour préserver notre ultime innocence
Pourtant, notre seul péché est véniel
C’est celui, ici-bas, du mensonge originel
tout ça n’a plus d’importance
Nous ne sommes plus là et déjà outre-tombe

JrB, Bertaucourt-Épourdon, 3 décembre 2016

L'homme n'a pas une seule et même vie ; il en a plusieurs mises bout à bout, et c'est sa misère.

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe

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