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Le mémémorial de la Marseillaise (Marseille)

Le mémémorial de la Marseillaise (Marseille)


L’histoire n’a pas débuté avec Charlie Hebdo et, hélas ! Elle ne s’y arrêtera pas !

L’article 11 de la Déclaration française des droits de l’Homme et du Citoyen dispose : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre à l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi. » L’article 19 de la Déclaration de 1789 dispose aussi de la protection de la liberté de la presse.
Le principe, en France, est donc explicite (la Loi, aussi liberticide soit-elle). Partant, si aujourd’hui, même au grand dam d’aucuns, il est plutôt appliqué dans notre pays, l’histoire nous montre de nombreux accrocs sous la République, dite démocratique, française. Et ce sans remonter aux siècles des siècles.
Déjà sous la Révolution (1789), ce prétendu droit a été bafoué à l’instar de celui de l’égalité (les femmes, par exemple). Pas mieux tout au long du XIXe et ne parlons surtout pas du XXe. « Il faut tout dire. La première des libertés est la liberté de tout dire. » (Maurice Blanchot) Dans un monde intelligent, cette maxime serait tout à fait appropriée. Mais peut-on permettre à un discours liberticide d’exprimer la haine de son prochain, qu’il soit juif, musulman, chrétien, politiquement « incorrect », voire fascisant, etc. ? Peut-on penser et s’exprimer comme non-bien-pensant ? That is the question !
Pour mémoire en France : « Le 26 septembre 1908, avec Victor Méric, Aristide Delannoy est condamné à un an de prison et à 3 000 francs d’amende, une somme considérable à l’époque, pour avoir, dans Les Hommes du jour, représenté le général Albert d’Amade, qui s’était illustré au Maroc, en boucher au tablier taché de sang. Les deux hommes furent incarcérés à la prison de la Santé (…) Cette arrestation jeta un grand froid dans le milieu des caricaturistes, certains n’osèrent plus signer de leurs véritables noms (…) » (source Wikipedia)
Finalement, Pierre Dac a, en partie et comme souvent, bien répondu (par une question qu’on ne lui a même pas posée) : « Le droit doit-il s’arrêter là où le devoir commence ? » Cela dit, la question n’est pas résolue : si on a le droit de rire de tout, mais pas avec n’importe qui ; qui décide qui n’est pas n’importe qui ? La liberté d’expression est une quadrature du cercle et la démocratie (à la française) pas plus libertaire qu’elle n’est liberticide.

JrB, Bertaucourt-Épourdon, 1er mars 2015

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