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Ces vaines attentes

Toujours et encore attendre, mais quoi ?
Attendre de ne plus attendre ni l’autre, ni l’inconnu
Pas même soi !
Et si la vie… ne se réduisait, finalement, à rien d’autre
Ces attentes dont on n’attend rien d’autre que leur fin
Le temps passé fige l’avenir dépassé en futur antérieur
Nos attentes sont ce tonneau à fond percé
Où s’y écoulent nos rêves, nos espoirs,
Nos rires et nos pleurs,
les larmes séchées par le vent de la nostalgie
Le ressac de la mémoire brassera uniformément
Nos grandes et basses ambitions
Dans l’océan de ce néant, nous mirerons nos désespoirs
La vie est un passe-temps oisif,
Tout petit, j’attendais déjà et je me fuyais
Je prenais des vacances existentielles
Mais fuir quoi et où ?
Toute attente est une impasse, le cul-de-sac de l’avenir
Il me souvient de ces vagabondages parisiens… 
et buissonniers
Marcher au hasard sans but et n’en jamais trouver
Errer dans ces rues animées d’une foule d’anonymes
Tous ces gens qui marchent vers l’attente de…
Et, parmi eux, on est là sans y être vraiment
On ne sait ni pourquoi ni comment on n’en est là
C’est l’attente de ce rien qui importe !
C’est cette suite de rien
Ce néant de vivre
Les paroles et les mots sont superfétatoires
Aucun bruit intérieur
Ni récrimination
Le ronflement cosmique et comique
Tout juste un ronronnement vital
Attendre, c’est rester encore un peu

JrB, Abbeville, 2 septembre 2016

L'attente commence quand il n'y a plus rien à attendre, ni même la fin de l'attente. L'attente ignore et détruit ce qu'elle attend. L'attente n'attend rien.

Maurice Blanchot, L'Attente, l'Oubli

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