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(Palais Royal, Paris)

(Palais Royal, Paris)

Marcher sur l’ombre de la pensée
juste où elle affleure encore rêveuse
dans les contours d’un dessein obscur
désir qui feint de s’ignorer absent
au moment où luit l’éclat verbal de la Raison
et que paraît la silencieuse caresse
amants des nuits éveillées
parce que bordées de la dentelle des souvenirs

C’est toujours aller jusqu’à l’extrême
d’un plaisir inassouvissable et périssable
où les limites sont des invitations
et les délices de l’abîme du réel
une forme différente du mensonge
Le sentiment absolu de l’errance
cette espèce de parure outrancière
qui tient lieu d’idéal fallacieux
juste pour conter à autrui le ressac de la mémoire
s’épanouissant ad libitum à la surface écumeuse
d’un quelconque miroir brisé par la sainte horreur
avec l’obsession d’un traité définitif de la chute
et pour toute thérapie une esthétique de l’éphémère

Aussi enviable que l’oubli des sentiments
qui n’implique nullement ni la loi ni la foi
la nausée est le dégoût d’un égoïsme exacerbé
et reflet à l’infini de la régression
où l’ultime n’est toujours pas une promesse
La profondeur abyssale de la conscience
un luxe voluptueux ciselé des joies d’Éros
là où le Verbe est déjà de trop

JrB, Strasbourg, 7 août 1985

*Le mentir-vrai, Louis Aragon

Je crois encore qu'on pense à partir de ce qu'on écrit et pas le contraire.

Louis Aragon, Je n'ai jamais appris à écrire

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