Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog

Il ne faut jamais blâmer la croyance des autres, c'est ainsi qu'on ne fait de tort à personne. Il y a même des circonstances où l'on doit honorer en autrui la croyance qu'on ne partage pas. (Bouddha)

Il ne faut jamais blâmer la croyance des autres, c'est ainsi qu'on ne fait de tort à personne. Il y a même des circonstances où l'on doit honorer en autrui la croyance qu'on ne partage pas. (Bouddha)

Naguère le temps m’habitait
parfois me déshabillait même
lorsqu’il s’enfuyait par tous les pores
d’une enfance déjà perdue
comme si chaque fois le moment d’avant
était celui d’après

L’on se taisait pour ne se mentir à soi-même
craintif d’une promesse vaine
ressassée par la mémoire défaillante de nos larmes
éveillée par d’antiques rires
où chaque aube donnait la joie d’être
ce presque mensonge de soi
et l’on feignait de rêver à des abîmes
sans fin ni foi
pourtant illuminés de quelque regard érotique
caressant à l’ombre d’une absence

Ce soir où le temps se conjugue au désespoir
le désert du verbe de la chair
et transvase la présence boueuse d’un fantôme
en l’éphémère existence d’une question
qu’il n’importe de résoudre

Le temps d’un regard pathétique
c’est le soleil qui se lève
saluant l’aube d’une âme renaissante
c’est la lune qui décline
colorant l’aurore d’un corps ressuscitant

Le temps renouvelé d’un sourire
c’est celui d’un champ de neige
inviolé du regard d’un autre que soi
miroir d’une passion jamais atteinte
parce qu’inextinguible

À peine le temps d’un effleurement
et c’est bien plus que les caresses données
parce que l’attente est le temps d’une promesse
jusqu’à l’épuisement des mots

Mots ainsi choisissant le silence
mots tels les grains de sable infinis
s’écoulant dans le bruissement temporel d’un sablier
fixant la démesure orgiaque de toute quête d’un autre
qui n’est que l’absence de soi

JrB, Strasbourg, 9 avril 1984

Écrit et réécrit avec toute la pudeur qu’il sied à soi-même. Si toute quête est d’abord une confession, il importe d’offrir cette infime partie de soi où l’on n’a jamais posé le regard, fut-ce en mots et révélant la nudité des sentiments

C'est en allant vers la mer que le fleuve reste fidèle à sa source.

Jean Jaurès

Partager cette page

Repost 0