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Tous les chemins mènent-il à Rome ? En tout cas, à Étaples (Somme), on se pose la question. (photo garantie sans aucun montage)

Tous les chemins mènent-il à Rome ? En tout cas, à Étaples (Somme), on se pose la question. (photo garantie sans aucun montage)

Alors que tu pleures sans raison
apparente
parce qu'il n'y en a même plus
ni de valables ni de convenables

Lorsqu'un visage
un enfant, un chiot
lorsqu'un sourire de femme
l'esquisse d'un geste vers...
t'émeuvent une fois encore
peut-être une dernière fois
et qu'il te faut retenir un sanglot de silence
car tu n'as rien
plus rien à leur dire
tu n'es plus rien !

Ils ne te voient plus
Plus personne ne te voit
à peine s'ils te regardent

Même face à ce miroir
tu es le mensonge qui se dit « tu »
comme ils se disent « on »
n'osant même pas la personne de soi

Que les causes
les idées et leur fatras idéologique
Tout ça ne signifie qu'un jeu dérisoire
parce que face à l'émotion de toi-même
tu ne te reflètes que comme eux…

D'ajouter du rien à si peu
c'est égal à ce vide
qui matin après matin
et de plus en plus tôt s'épanouit
juste éclos et un instant émerveillé

Parce que naguère encore
l'aube était un de ces possibles
que tu craignais et que tu attendais
qu'il y eût « là-bas »
quelque autre monde...
quelque chose que tu ignorais
et qu'il fut bon que tu ignorasses

laissant pressentir son existence
comme la première caresse d'une amante

Parce que chaque matin il y avait ce rire
enfantin
cette innocence de toi
et qui disait oui !
Et brusquement
ne dit même plus non

De ces négations salvatrices
l'on s'affirme dans l'abîme
de son rêve
au firmament de son ombre

Que même non
tu as désappris à le crier

Tu vis comme un rat
dégoûtant et dégoûté
mais tu vis…
et tu feins une ultime fois de dire
cette absence qui ne sait jamais
se taire et qui ose être Après tout !
C'est bien ce qu'ils te reprochent
Eux !

Même si tu n'en as plus que le blasphème
et que mot après mot
tu chanterais si tu le savais
tu danserais si tu le pouvais
tu dessinerais si tu l'osais
et peut-être tu aimerais si on te donnait à…

Mais regarde-toi qui n'ose plus
te dire Moi
et moi qui t'envie
de me fuir…

JrB, Strasbourg, 4 décembre 1983
 

« Au rendez-vous des mendiants de la vie »

L’Éternel se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre, et il fut affligé en son cœur. (...) Et l'l’Éternel dit : J’exterminerai de la face de la terre l’homme que j’ai créé, depuis l’homme jusqu’au bétail, aux reptiles, et aux oiseaux du ciel car je me repens de les avoir faits.

La Bible Génèse 6.6-7

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