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La route est longue, surtout vers la fin...

La route est longue, surtout vers la fin...

Ouvré-je le livre de la vie, cette fuite perpétuelle
Livre sans chapitre ni alinéa aucun
Dans le désordre de l'ordre du temps
Dans l'ordre du désordre de toutes mes passions
Des jeux absurdes et sanglants
Jeu sans foi ni loi, sans feu ni lieu
Tout le monde y triche
À chaque page dégoulinante d'excréments...
Quelques gouttes de-ci de-là d'eau cristalline
Quelque violette sur un immense chantier de purin
Une larme de joie dans les yeux de l'aimée...
Pour ce fugitif et dérisoire passage non écrit
Page après page il y a un pari stupide,
Peut-être insupportable
Tel celui du grand Pascal et toujours perdu d'emblée
Que la somme à gagner, le lot suprême
Cet absolu de l'absolu, le seul
Rien !
Mise-t-on du vide sur le néant ?
À quoi bon ajouter quelque chose qu'on ne sait pas être
À autre chose que l'on sait vide ?
Des lignes et des lignes 
À profusion de nos espoirs désespérés
Où l'on pensait encore un peu si peu à ce petit enfant
Ce gamin que l'on avait été
Qu’en demeurait-il aussi loin que se portait le regard
Que voyait-il qu'il n'avait vu, su, tu ?
D’abord que contemplait-il ?
Était-il aveugle de la foi ?
Il lisait, s'y essayait, le grand livre de la Nature
Commençant par lui-même : il n'était rassuré
Sur lui-même : il n'eut parié 
Même pas une once de boue aurifère
S'éprouvant, et se décourageant, ce fut sa... force
La seule exclusive, sa faiblesse vécue telle
Sachant que l'être est humain et limité et borné
Pour dire tout infinitésimalement petit et plus encore !
Pourtant il fit Dieu à son image et ainsi se fit grand…
Immensément à l'échelle de son possible
Possible de toutes ses incapacités à être... capable
D'aucuns grands docteurs devant les Tables de la Loi
Et pour l'innocent et enfant 
La Loi est forcément inique
D'aucuns ont dit : le livre est déjà écrit quelque part.
Il est toujours et nécessairement écrit nulle part
C'est-à-dire partout...
Les grands doctes ès humanité... sont débiles
Ils sont sourds et aveugles à la beauté
Vérité évidente à celui qui en possède la capacité
Qui sait où… se joue la partie de dés divine
Où l'on mise des chromosomes
Contre des particules élémentaires
Dieu se perd en nous perdant : il n'est pas même mort !
Comme l'a dit le philosophe et poète (l'Antéchrist)
Il s'est discrédité en perdant l'être humain
Fait à son image en plus beau : il l'a fait divin
Désir de puissance qui devint puissance du désir
Le livre est s'écrivant et se lisant a l'infini du Moi...

JrB, Ensisheim, 25 août 1982

Le péché originel, c’est la foi.

Louis Scutenaire

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