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(Sables d'Olonnes)

(Sables d'Olonnes)

La mort a fait signe
aux.danseurs de l'amour total
Va ! Ont-ils répondu : « Plus tard ! »
Thanatos, vaincu, s'en fut…
C'était l'aube de la jeunesse éternelle
des danseurs-amants.

Splendide fée du sublime,
le souffle de ton chant érotique,
appel déjà de l'au-delà…
J'écoute ta respiration oppressée,
cette folie de Toi à Moi
Ce sein où j'ai déposé mes lèvres
pour un baiser de l'âme
et où mon verbe s'est épris,
a dansé, a valsé, qu’il ne sait
quelle est cette fierté au sommet
de l'amour.

Les amants ont dansé et voleté
au son inépuisable des mots de la Beauté
par hasard rencontrée.
Hurlant leur rébellion aux hordes
de la bienséance et du conformisme.
L'un et l'autre, beaux
d'être ensemble et révoltés,
criant par delà les murs de la honte
et de la haine…
la toute-puissance de l'acte du mot
et de l'acte au mot ;
s'écharpant à la conscience
mauvaise et humaine
parce que divin et dansant
est leur chant profond.

Il était beau, oui !
Reflet de l'éternité d'un instant
Sa beauté, il osait affirmer,
c'était le regard et l'allégresse
de l'amante… nécessaire. 
Il avait depuis ce jour-là
dansé nu, absolument ;
paré de la tendresse de l'autre :
serment eût-il été plus beau, plus béni ?
La voir, la contempler.
Il suffit de l'écouter,
cette nudité libertine et libertaire,
exclusivement songeant son délire
vécu dans le silence du Monde.
La danse nuptiale et absolue,
union furieuse et sacrée.
La danseuse psalmodiait
ce doux râle du plaisir s’accomplissant ;
d'abord dans les mots, les sourires,
puis se faisant et se défaisant,
se recréant chair de leur promesse ;
ouverts l'un à l'autre,
et engloutis l’un en l'autre.

Les mains de l'amant ont caressé
la robe de la fée dénudée
par lui et pour lui.
Les mots de son corps
dansant ! Chantant ! Virevoltant ! 
Jubilant ! et… jouissant !
dans le triomphe hérétique
d'un temps cosmique
de l'Un redevenu…

JrB, Ensisheim, 14 août 1982

Le soleil voudrait saigner sans arrêt
Il coupe mon corps de longues aiguilles
Mais l'aube naîtra d'ici partirai
Un jour n'est pas loin nous reconnaîtrons
Ta voix franchit en liberté mes grilles
Tes cheveux encor dansent tes chansons
Je voudrais tant dire et ne parle pas
Car la nuit est froide où sans fin tu brilles
Chut j'écoute en moi l'écho de tes pas

Albertine Sarrazin (Poèmes publiés par J.J. Pauvert en 1969)

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