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"Venise : quelle ville pour les marins ! Tout flotte et rien ne roule. Un silence divin !” André Suarès

"Venise : quelle ville pour les marins ! Tout flotte et rien ne roule. Un silence divin !” André Suarès

… De Rome où j'avais été initié
au mystère de la Femme
Celle-là
Elle n’avait pas parlé, « Corps glorieux »
Le poème était chair
son sang charriait la brûlure du mot
sur le plus suave des papiers où j’ai écrit
de ma main mon obsession d'Elle
c'était le velouté de sa peau
parfumé du désir
le poète (*) ne disait-il qu'elle était
« l'ultime profondeur »
Elle m’accueillit innocent
Ayant dé-travesti son esprit
de la dernière harde du quotidien
quittant l'incongrue impudeur de l'habit
de la dé-civilisation, dérisoire manteau `
d'une peau morte d'avoir omis de vivre…
Retrouvant cette pudeur naïve de l'instant
où tout commence et jamais ne finira !
Nue d'Elle-même, seule beauté
sensuelle jusqu'aux larmes d'Éros
Pourpre labiale au filtre de l'imaginaire
Reflets du regard de l'amant…
Dépossession de la possession
L'arc-en-ciel peignait mes idées
« Immortels nous étions ! »
En route pour Venise…

JrB, Ensisheim, 15 juin 1982

(*) Paul Valéry

Évoluer, c'est céder à la fatalité.

Thomas Mann, La Mort à Venise

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