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En langage des fleurs, le coquelicot incarne « l'ardeur fragile », mais surtout « la consolation ». Le coquelicot est le symbole de Morphée le dieu des rêves et du sommeil.

En langage des fleurs, le coquelicot incarne « l'ardeur fragile », mais surtout « la consolation ». Le coquelicot est le symbole de Morphée le dieu des rêves et du sommeil.

Quel est-il ce bruit ? 
Quelle est-elle cette fureur ?
Qui me vient des entrailles,
Comme si c'était de… l'origine du monde,
Origine de nos origines !
Et ce silence, bruit originel,
Écran des apparences, 
Vain murmure de la vie.
La vie qui se tait étouffée,
Tuée, niée, parce qu'avilie.
Silence du monde brutal, casqué, botté ;
Monde d'ordre, forme du désordre policé.
Bruit, en opposition, des viscères,
Où se noue, peut-être, cet entre-deux :
Là où presque tout ne devient presque rien !
Et vice-versa.
Souvenir de notre enfance
Cet étrange jeu : à qui perd gagne !
Gagner c'est toujours un peu perdre.
Et on perd beaucoup à ne pas gagner !
Un bruit, infime, serait-il, 
vaut mille et un silences
Mille fois rien, c'est égal à zéro
Zéro, c'est l'instant avant et après,
Celui du rien, parce que rien encore !
Moment suprême de la courbure du temps,
Qui revient sur lui-même ;
Temps qui nous fait coïncider avec nous-mêmes,
Croit-on.
Il faut se taire pour entendre.
La sonorité du mot crée cet émoi aveugle ;
Le moindre souffle détruit le monde du rêve.
Rêve interdit, rêve impossible…
Parce qu'impossible rencontre avec soi-même,
On efface cette ultime frontière de la caresse,
Cri d'amour dans la nuit,
Nuit où point le jour
À l'instant où l'amour s'épuise :
Les corps sont fourbus. 
Et de la plus heureuse,
La plus prometteuse, cette lueur qui s'étiole…
Qui donne goût et la saveur
Esprit du sexe et réciproquement
Chaque fois, je me tais,
Donc, je me parle.
Je n'ai rien de rien,
Je le dis et je l'écris et je le clame !
J'entretiens cette attente,
Sans attendre quoi que ce soit,
Sinon moi !
Regard amoureux d'autrui
Que je porte sur ceux que j'aime…

JrB, Ensisheim, 23 mars 1982

Les doutes, c’est ce que nous avons de plus intime.

Albert Camus , Carnets

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