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Nous ignorons le plus souvent où nous conduisent nos pas

Nous ignorons le plus souvent où nous conduisent nos pas

La route est longue, est-elle infinie ?
Pour lui, jamais finie, elle est indéfinie.
L'existence est sans aucun autre but ;
Elle est le voyage en lui-même, éternelle lutte.
Tous les instants et sans aucun répit ;
Pourtant elle n'est pas de-ci de-là sans dépit.
Nous ignorons le plus souvent où nous conduisent nos pas :
La volonté, son dessein, ne nous éclaire pas :
Aussi un jour nous allons avec cette légèreté,
Ainsi que nous eussions marché si devant nous l'éternité.
Une autre fois, le poids du monde est là.
Semelles de vent devenues semelles de plomb : nous sommes las.
L'aube de nos réveils glorieux...
Où de tout, de l'amour, nous sommes curieux ;
Cet œil empli du bleu de la vie naissante,
Moment intense et privilégié de la jouissance chantante :
Le cœur avec l'âme à l'unisson bat ;
Des limbes de Thanatos c'est l'ultime combat.
Livré chaque jour avec cette même vaillance,
Acharné de notre foi en ce sourire de la bienveillance.
Le nuit s'estompe du rire de la Dame,
Pour que puisse s'esquisser le sourire de l'esprit.
S'effacent alors les grimaces des ténèbres,
Pour on ne saura jamais cette heureuse algèbre.
Comme si tout devait périr pour mieux renaître,
Exclusive forme d'un mystérieux co-naître.
L'un(e) apparaît à l'autre, instant toujours fatal
Désépaisseur de l'univers d'un infime cristal,
Vient le temps d'un nouveau temps, celui des possibles…
Là où l'on franchit l'abîme pour le sensible.
Ni la femme ni l'homme ne différents de ce qu'ils sont ;
De leur corps, il n'y a plus qu'un seul son ;
La musique universelle est encore lointaine,
Il ne tient qu'à la plume (ad hoc) qu'elle soit certaine.
Si nous la faisons nôtre, musique des mots,
Peut-être saura-t-elle nous guérir de nos maux.
Mal d'être à être qui nous épuise sans bonheur :
Chaque matin à se lever de bonne heure.
Lit triste ayant perdu, parfois, tous ses rêves...
Qu’un ciel gris au long d'une journée sans soleil parachève.
Comme la vie se défait, l'amour se fait ;
Que le désordre de nos fantasmes soit parfait !
Cette chair mise à nu des plus voluptueuses caresses,
Parcouru de la subtile, et si généreuse, tendresse ;
Corps dont le sexe est une âme sans réserve...
Que rien jamais ne nous préserve !
Ni l'un(e) ni l'autre parce que ni féminin ni masculin,
Toute cette tendresse comme un immense câlin...

JrB, Ensisheim, 14 février 1982

Les vieux rêves étaient des bons rêves. Ils ne se sont pas réalisés, mais je suis content de les avoir eus.

Sur la route de Madison de Robert James Waller

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