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Du mystère jaillit l'eau (Parc des Buttes-Chaumont, Paris)

Du mystère jaillit l'eau (Parc des Buttes-Chaumont, Paris)

J’écoute une musique,
elle me ravit ;
c'est si beau, je suis autre part...
J'imagine Socrate buvant la ciguë
et discourant sur la Beauté.
Il ne me souvient plus quelle est cette ballade...
Il importe peu !
Justement, je relis Platon.
Alors on voudrait oublier,
n'être plus que pensée,
être pure Idée.
Tout !
Ne plus voir la misère d'ici,
omettre celle de là-bas
Négliger que la beauté soit corruptible,
...poussière nous étions,
poussière nous retournerons...
Se souvenir toujours !
L'éclat d'un sourire,
perdre la mémoire de nos colères.
Offrir le plus beau de soi, sa générosité,
si vite et trop vite délaissée ;
pour s'abandonner, ne fut-ce qu'un instant
à ce qu'il faut bien nommer : l’amour.
Un peu, beaucoup...
Peu importe !
La quantité est dérisoire.
Après, on n'oublie rien.
Irréversible,
tout est gravé,
le Beau est le Bien ;
qu'ils se corrompent, nous voici corrompus ;
l'harmonie que l'on désirerait immortelle,
délitée… et jamais achevée.
Dernier refuge de l'esprit
et repos de l'âme.
On « sculpte » cela dans la tête, 
dans le cœur.
Pourtant ! la vérité, c'est la vie !
La petite musique,
celle que l'on entend, mais l'écoute-t-on ?
Celle qu’on écrit, mais la ressentons-nous ?
Mais qui, ici, aura désiré être
témoignage et fidélité,
Sauriez vous dire ce que j'oublie :
si je me tais ?
La splendeur du jour, 
cueille-la !
Comme on cueille une fleur à la rosée du matin.

JrB, Ensisheim, 13 novembre 1981

La parole est le rempart contre la bestialité

Jacqueline Worms de Romilly Jacqueline Worms de Romilly

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