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Fluctuat nec mergitur (*)

De partout, ce silence m’envahit.
Je ne sais plus comment le dire…
Sans doute le temps du secret.
Sourdine de mes pensées.
Crier une fois, une fois encore
Dans les arcanes du cœur.
Formule magique, incantatoire, conjuratoire.
Ce désir si violent, volonté encore impossible…
Cette tension vers l’autre.
Paralysie du moi.
Un geste, une caresse esquissée.
Un mot encore, peut-être un sourire.
Je suis là, vivant.
Un mutisme et je suis comme éteint.
D’un seul coup, brusquement
le stylo m’abandonne.
L’encre de mes pensées est épuisée
Plus rien à dire ni à exprimer.
Sauf ! Ces trois mots au plus intime de soi
Des mots salvateurs dans leur impatience,
Mais qu’on ne veut, ne peut dire
trop couverts de mensonges et d’infamie
Les affres du vide « créateur ».
Les signes cliniques de l’absence,
Voire de la déchéance.
Pourtant l’espoir prometteur d’une présence ;
D’une promenade « entre-nous »
Bientôt un de ces jours ou peut-être jamais !

JrB, Ensisheim, 8 février 1981

(*) Devise (latine) de la ville de Paris : « (...) battu par les flots, mais ne sombre pas. ») souvent repris sous l'autre forme : « Flotte, mais ne sombre pas. »

Chut ! Pas un bruit, s'il vous plaît ! Fermez les yeux et, dans ce silence, écoutez l'ange passer…

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