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Cimetière des chiens (Asnières-sur-Seine)

Cimetière des chiens (Asnières-sur-Seine)

haque fois répétée à l'infini d'une mémoire
Oubliant jusqu'à n'être qu'un filtre onirique
Jouant et rejouant une scène ineffable
Dont seule la lumière la musique et la chaleur
Peut-être l'atmosphère d'une antique nostalgie
Là sont les traces douteuses d'un verbe absent
Désincarné par l'analyse spectrale du souvenir
Alors toujours se cherche une caresse latente
Un geste qui a omis d'être dans son acte
Et demeurant là suspendu dans l'attente
Qui probablement jamais plus ne sera parachevé
C'est presque dans l'insignifiance que l'on dit plus
Parce que préférant à la fureur et à la tempête
Une calme et assurée présence épistolaire
Au fil d'Ariane d'une mémoire évanescente
Ne reniant même plus le dégoût crépusculaire
Au contraire s'y épanouissant dans une volupté
Que seule l'amante eût su et pu donner
Cette éternelle chute d'un corps dans l'autre
Si constante et profonde qu'on l'ignore
Mais l'on sent que c'est déjà quelque chose
Autre chose qui se tait et se renouvelle
Avec à chaque aube le même cauchemar
La parfaite méconnaissance de cette durée nocturne
Cette réminiscence qui s'endort au moment où le ciel s'éclaire
Juvénile le regard se teinte avec peine d'un sourire
Déjà le premier rayon s'étiole vers un l'on-ne-sait-où
Comme si rien ou si peu n'avait jamais été auparavant
ni peut-être ne sera autrement qu'une ombre
Un simple blasphème qui n'en a que la honte
Un mensonge qui prétend l'être à l'instant où il s'évanouit
En condescendant jusqu'à la forme dérisoire du beau
Et en criant bien fort avec les loups sociaux la vérité
Cet ultime refuge de la médiocrité
0ù le beau est l'aspect tortionnaire de l'oubli
Omission de tout ce qui crée la chair verbale

JrB, Strasbourg, 16 octobre 1984

J'entends distinctement tomber les gouttes de ma vie dans le gouffre dévorant de l'éternité.

Amiel-Lapeyre, Henri Frédéric (1821-1881)

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