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Volets clos, ultime pudeur

Volets clos, ultime pudeur

Un rêve passa : jeune et désirable ;
Chaque matin de la laborieuse semaine,
à peine éveillé du cauchemar diurne,
là, souriant, après une nuit nuptiale
et solitaire d’une solitude désirée,
mais abandonnée par son sourire :
l’horizon apparaissait aussi ténu qu’espéré.
Monde meilleur parce qu’infini de nos désespoirs.

Pour se réconcilier, il y eut une messe.
Au diable les vertus et ce qu’on en feint de croire !
La musique était si juste, si convenable ;
Qui donc l’entendait comme celui qui la jouait ?
Qui donc prenait le pouls de cette lenteur ?
Eux, déjà, n’étaient plus là, n’entendant que du bruit
par trop occupés à eux-mêmes,
face voilée et impudique,
alors qu’une infime affirmation de soi les écoutait,
Leur consacrait une ultime prière
au seul Dieu connu et reconnu, Éros :
« Donne la vie, comme ils sont à l’abandon.
Donne-leur ce que tu sais de vrai : tout !
»

Encore fallait-il retourner à la présence du réel.
N’ont-ils perçu cette larme qui coule en eux
d’espoir et désespoir ?
Pleurs d’une heure ou deux…
L’éternité n’attendra plus.

JrB, Strasbourg, 14 septembre 1985

« Lacryma dolorosa »

La pensée d'un homme est avant tout sa nostalgie.

Albert Camus, Le mythe de Sisyphe

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