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Persistance de la mémoire (1931, Salvador Dali)

Persistance de la mémoire (1931, Salvador Dali)

Tout au long de ces semaines, ces mois et ces années.
J’ai dit des mots.
J’en ai prononcés mille, plus, beaucoup plus !
Je me suis tu, enfin !
Puis j’ai redit et j’ai même maudit.
J’ai hurlé avec et contre les loups de tout acabit.
J’ai chanté.
Dans ma tête, c’était la douceur du printemps
J’ai caressé,
Cette main désirée et pourtant pleine de retenue.
Parfois,
Cela a été si doux, si subtil et si fort aussi !
D’autres fois, alors j’ai pleuré ;
J’ai ragé contre mon impuissance.
Ici, j’ai gagné et, là, j’ai tout perdu.
Tout !
Autant dire presque rien,
Mais ce rien qui nous fait presque tout.
L’on perd beaucoup à y gagner,
Mais que gagne-t-on à y perdre ?
Sinon rien !
Et rien, dit-on, n’a plus d’importance.
Irions-nous jusqu’à le croire ou simple illusion ?
Pieux mensonge dans un monde falsifié.
Vaine promesse au moment où tout meurt
Et déjà tout renaît.
La vie, mille fois perdue
Et autant de fois recouvrée
Miracle !
Mais le miracle, c’est que le miracle a lieu
L’éternité vécue et renouvelée
Une simple forme phantasmée de l’espoir
La vie, toute simple et toute moche
Chevillée à notre corps et notre esprit
Et sans elle… Rien !

JrB, Ensisheim, 30 décembre 1981

Dormir est une façon de mourir ou tout au moins de mourir à la réalité, mieux encore, c'est la mort de la réalité.

Salvador Dali (Extrait de La femme visible)

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